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Le Club de la Chasse et de la Nature voit le jour en janvier 1966 à Paris

Animés par une volonté de promouvoir des valeurs éthiques et esthétiques, François Sommer et sa femme Jacqueline réunissent rapidement une trentaine de personnes venues de divers horizons. Amateurs d’art, hommes politiques et passionnés du monde animal défendent ardemment une chasse raisonnée et un environnement protégé. En créant ce club, François Sommer souhaite ainsi démocratiser la chasse sportive tout en prônant un amour pour la vie animale et sauvage.

La protection de l’environnement est un domaine qui tient particulièrement à cœur à ce voyageur. Avant de se distinguer pour son rôle exemplaire au sein des forces aériennes françaises libres, il part dès les années 30 pour les terres lointaines d’Afrique Centrale. Il profite de ces expéditions pour assouvir ses deux passions : la photographie et la chasse. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, François Sommer ne renonce pas à son amour pour la nature. Ses voyages africains le sensibilisent à la chasse intensive et meurtrière qui sévit alors, et l’encouragent dans la création d’une réserve naturelle au Tchad. En France, il milite pour la création d’un ministère de l’Environnement, et affiche une détermination pour faire évoluer les méthodes de repeuplement du grand gibier : nouveaux plans de chasse, instauration d’un permis de chasse… Parallèlement à ses prises de position écologistes, il est un chef d’entreprise avisé et visionnaire. L’Ardennais sera l’un des premiers à mettre en place l’ordonnance facultative sur la participation pour ses salariés.

Jacqueline Sommer partage la même passion pour les animaux et la nature que son mari. Les époux décident de créer en 1964 la Fondation de la Maison de la Chasse et de la Nature. Installée au cœur de Paris, la Fondation prend ses quartiers dans le Marais grâce à l’amitié entre le couple Sommier et André Malraux. Ministre en exercice aux Affaires culturelles, l’écrivain informe ses amis qu’il cherche un mécène pour réhabiliter l’Hôtel de Guénégaud. Idéalement placé, le couple loue dès 1964 ce bâtiment datant du XVIIème siècle pour installer la Fondation de la chasse et de la nature. Cette dernière est reconnue d’utilité publique deux ans plus tard. Au sein de cette structure, ils créent une association afin de faciliter les échanges entre passionnés, et susciter le débat. La Fondation abrite également le Musée de la Chasse et de la Nature. Offrant une collection exceptionnelle aux visiteurs, elle regroupe des instruments de chasse, des trophées, des armes anciennes, des tableaux et des sculptures acquis au fil des années par le couple. La chasse et la nature sont également célébrées à travers des expositions permanentes et temporaires tout au long de l’année.

Aujourd’hui, la Fondation François Sommer gère une partie des collections du Château de Chambord, ainsi que le fonctionnement de la réserve de Belval située dans les Ardennes. Le Club compte 850 membres animés par la même passion pour l’art cynégétique. Le respect de la nature et les connaissances en biodiversité font partie des critères pour intégrer ce club privé. Un vif intérêt pour les vraies relations humaines est aussi primordial pour avoir le privilège de marcher sur les pas de François et Jacqueline Sommer.

Valeurs humanistes et amour de la nature

Depuis 1966, le Club de la Chasse et de la Nature est un lieu de rencontre, d’échange et de partage entre amoureux de la nature. Si l’on compte aujourd’hui plus de membres que pendant les premières années, les motivations et les engagements demeurent les mêmes qu’aux origines. Lorsque François Sommer crée la Fondation et le Club, il souhaite promouvoir des valeurs qui lui sont chères : le respect de la nature et de la faune sauvage sont au centre des débats. Mais « le critère essentiel pour être membre du Club est d’être un chasseur sportif indiscutable ou un véritable ami de la nature, sans distinction de classe sociale » selon les vœux de l’Ardennais. Le souhait de François Sommer d’intégrer des membres issus de tous horizons, classes sociales et âges reste inchangé : les nouveaux venus ne sont pas sélectionnés sur leur place dans la société. Ils doivent surtout faire preuve d’un amour pour les animaux, conscients qu’ils contribuent à leur manière au développement durable.

Chaque membre s’engage à respecter les merveilles de la nature, à protéger l’environnement et à refuser la chasse intensive qui mettrait en péril les merveilles de la nature. Une bonne connaissance de la biodiversité est aussi essentielle pour protéger et mettre en valeur les espaces vitaux et les animaux sauvages. La faune sauvage ne doit pas être perturbée inutilement, comme il est inconcevable de faire souffrir les animaux inutilement. Acteur essentiel de la protection de la nature, le chasseur met au service de l’intérêt général sa connaissance de la faune. Il est un maillon important dans la régulation et la survie des espèces. Il lutte ardemment pour le continuum des espèces et la régulation des espèces invasives.

L’art cynégétique est composé de règles et connaissances qu’un bon chasseur doit connaître. Le Club est l’occasion de transmettre ce savoir aux nouvelles générations. La passation des bonnes pratiques fait partie des bases de l’éthique définie par le couple Sommer. La philosophie mise en avant par le Club est celle d’une chasse enthousiaste et raisonnée qui prend soin de la faune et la flore. Tous les membres pratiquent une chasse éthique, durable et respectueuse du gibier qui repose sur des valeurs morales et culturelles. Comme le fondateur de cette association, chacun est conscient de son appartenance au monde du vivant. Chaque gibier chassé est un prélèvement qui doit être fait dans le respect de l’animal tué. Les membres sont également encouragés à développer leurs connaissances sur la biodiversité. Dans cette perspective, le domaine de Belval propose des stages toute l’année afin de perfectionner sa pratique et son savoir.

Et si la nature et la chasse tiennent une place de choix dans les discussions, la cordialité, la bonne entente et la fraternité participent à l’esprit de camaraderie. Le Club accorde une grande place à l’esprit d’ouverture, la curiosité et l’entraide. Venus d’univers parfois éloignés, les membres font preuve de bienveillance les uns envers les autres. De belles amitiés naissent de ce brassage culturel et générationnel. Afin d’encourager le mélange des générations, le Club organise toute l’année des débats sur la relation entre l’homme et l’animal, ainsi que des sorties culturelles. Il fait le pari d’éveiller l’intérêt et de confronter des opinions qui peuvent être éloignées.

Le Club de la chasse et de la nature, acteur de l’intérêt général

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Le respect de l’environnement et de la faune sauvage réunit depuis plusieurs décennies différentes générations au sein du Club de la Chasse et de la Nature. L’esprit du couple Sommer reste intact et les nouveaux membres continuent de faire perdurer un certain art de vivre à la française. Le Club encourage une chasse respectueuse en parfaite harmonie avec la nature. Bien loin des dérives et du braconnage industriel, elle demande une certaine maîtrise et le respect absolu d’un code moral. Ainsi, le chasseur conscient et raisonnable renoue avec des valeurs simples et essentielles. Il éprouve une sensation d’appartenance au monde sauvage lorsqu’il observe les feuilles bouger et les premiers rayons du soleil.

Dans l’esprit du couple Sommer, le Club encourage les discussions et le rapprochement des conceptions qui peuvent sembler à première vue en opposition. Lieu d’échange interne, le Club permet de tisser de véritables liens. Les membres venus d’horizons variés enrichissent les débats : chacun apporte ses connaissances, son expérience et ses aptitudes. Au fil des rencontres, un réseau d’amitié réelle basé sur des valeurs communes se développe. Dans la tradition de François Sommer, le Club s’ouvre aux autres cercles, en France et à l’étranger, afin de faciliter les échanges inter-cercles. En véritable réseau au-delà des frontières, il organise des opérations avec des clubs tels que le Caledonian Club à Londres ou le Jockey Club de Buenos Aires. L’ouverture à l’autre fait partie des valeurs humanistes défendues par le couple.
L’art cynégétique dans sa globalité est également valorisé à travers ses différentes disciplines : chasse à tir, chasse à courre, déterrage et fauconnerie. L’occasion aussi de faire perdurer une tradition lexicale riche de sens et de perpétuer un vocabulaire qui tend à disparaître. Des conférences sur la fauconnerie sont régulièrement organisées et dirigées par Patrick Morel, spécialiste de la chasse à vol. C’est avec un grand plaisir que le Club l’accueille pour évoquer cet art reconnu comme « patrimoine immatériel de l’humanité. » Le Club organise également des dialogues autour de la chasse et de la pêche, et des liens ténus entre la chasse et la forêt. Le monde de la forêt vient débattre régulièrement, qu’il s’agisse de la forêt d’état, de l’Office National des Forêts ou de l’Association Française des Eaux et Forêts. Lieu d’échange inter-disciplines, le Club invite les chasses européennes et internationales à participer aux échanges, ainsi que le monde associatif par la présence de l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier et la Société de vènerie. Des colloques, des réunions et des cours sont dispensés tout au long de l’année. Le Club favorise ainsi les contacts et les liens entre les chasseurs et les protecteurs de la nature.